PLFSS 2027 et PLF : l’Unaf reçue à Matignon
Le 15 octobre 2026, le Président de l'Unaf, Bernard Tranchand et la Directrice Générale, Guillemette Leneveu, ont été reçus à Matignon par Thomas Ramilijaona, Conseiller Social, Chef de Pôle et Alix de Roubin, Conseillère Solidarités. Les échanges ont principalement porté sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027, dont les dispositions envisagées font peser des risques importants sur les familles et prévoient des transferts financiers conséquents au détriment de la branche Famille. L’Unaf a également alerté sur les risques de la forfaitisation de la majoration de pension pour enfants, qui transforme la majoration de pension de 10 % des parents de trois enfants et plus, un droit familial de retraite, en un forfait d’un montant compris entre 105 et 110 € par mois, dès le 1er juillet 2027. Si l’Unaf partage l’objectif d’égalité entre les femmes et les hommes, elle alerte sur le risque que cette mesure ne soit pas systématiquement favorable aux femmes : - Les mères de trois enfants et plus qui ont une retraite élevée, reflet d’un fort engagement professionnel, seront pénalisées alors qu’elles ont cumulé emploi et charges de famille : dans le scénario de la DREES pour le COR, plus d’un quart des mères nées en 1978 étaient perdantes en droits individuels ; - Les femmes mariées pourront subir la baisse de la retraite de leur conjoint, donc du niveau de vie du couple, et la question se pose aussi pour les veuves dans le cadre de leur pension de réversion ; - Le forfait sera proratisé pour les carrières incomplètes réduisant le montant du forfait ; - Pour les bénéficiaires de l’ASPA, allocation différentielle, le forfait réduira d’autant l’allocation versée : les retraitées les plus modestes, pourtant visées, n’en tireront aucun bénéfice.
Le 15 octobre 2026, le Président de l’Unaf, Bernard Tranchand et la Directrice Générale, Guillemette Leneveu, ont été reçus à Matignon par Thomas Ramilijaona, Conseiller Social, Chef de Pôle et Alix de Roubin, Conseillère Solidarités.
Cet échange avait pour objectif de revenir sur les nombreuses mesures défavorables aux familles contenues dans le PLFSS 2027 et sur les transferts financiers de grande ampleur aux dépens de la branche Famille.
A chaque occasion, que ce soit lors de ces auditions ou lors d’entretien avec le Gouvernement, l’Unaf dénonce plus de 5 milliards d’euros qui, par différents procédés, vont être soustraits aux familles, dans un contexte de « crise historique du pouvoir d’achat des familles » et d’un effondrement de la natalité qui remet en cause la sécurité sociale fondée sur la solidarité entre les générations.
Cet entretien a permis à l’Unaf de défendre les propositions d’amendement que l’Unaf a formalisées sur ce PLFSS qui ont pour objet de :
- Conditionner l’entrée en vigueur de la réduction de l’Allocation de rentrée scolaire à la tenue d’une concertation promise par le Premier Ministre, à l’information de la représentation nationale sur les paramètres exacts de la réforme totalement inconnus à ce jour alors que l’économie attendue est de 600 millions d’€uros au détriment des familles concernées pour moitié des familles monoparentales (proposition d’amendement dans le rapport annexé au PLFSS article 19),
- Compléter le congé supplémentaire de naissance mis en place au début de cet été et permettre aux parents de le prendre en maintenant les contrats d’assurance maladie complémentaire et de prévoyance pendant le temps du congé (article additionnel après l’article 26),
- Supprimer la forfaitisation de la majoration de pension pour enfants au motif que sous couvert d’égalité entre les femmes et les hommes, c’est une mesure d’économie qui est recherchée au détriment des familles nombreuses (article 34),
- Supprimer la condition de résidence d’un an pour bénéficier des prestations familiales et des aides personnelles au logement au motif que cela concernera en partie des familles arrivées en France dans le cadre du regroupement familial contredisant des droits protégés par la Constitution : le droit à mener une vie privée, familiale normale, le droit au regroupement familial, mais aussi le droit au respect de la dignité humaine et, bien évidemment, le principe d’égalité devant la loi (article 37),
- Enfin, inscrire au niveau de la loi une définition unique et harmonisée des aidants de personnes âgées, de personnes handicapées ou de personnes malades atteintes de maladie chronique (article additionnel).
L’Unaf avec l’Interfédération PJM a alerté aussi sur les conséquences des orientations budgétaires du PLF 2027 : réduire les financements tout en renforçant les exigences fragilise les conditions d’accompagnement et la protection des droits des personnes.