L’Unaf a été écoutée par le Président d’EDF, Bernard Fontana et a participé à plusieurs réunions avec les instances d’EDF
L’Unaf a été invitée à échanger avec le Président Directeur Général d’EDF, Bernard Fontana le 15 juin 2026. Elle était représentée par Valentine de La Morinerie, chargée de mission Environnement Développement durable, qui a également participé à deux réunions : l’une de présentation du bilan de la médiation EDF en 2025, l’autre d’échange en qualité d’association de consommateurs entre EDF et les organisations nationales de consommateurs.
Echange avec le Président Directeur Général d’EDF, Bernard Fontana au cours d’un déjeuner avec les associations de consommateurs
Le plan électrification a été au coeur des échanges. Il s’agit de différentes mesures gouvernementales qui ont pour objectif d’avoir en France une énergie compétitive sur le plan du prix, plus souveraine et plus durable. Celui-ci doit permettre une mobilisation collective et constituer un tournant dans notre rythme de sortie des énergies fossiles.
Les familles sont concernées de près par l’électrification dans le transport et dans le logement. L’Unaf a demandé que l’électrification n’alourdisse pas le budget des familles :
- Les voitures électriques sont coûteuses à l’achat et le leasing social très limité.
- Le remplacement des moyens de chauffage actuellement au fioul ou au gaz par des pompes à chaleur n’est pas toujours possible, notamment dans les copropriétés, et doit se faire graduellement car il s’agit de très gros investissements.
- L’Unaf a rapporté le désarroi des familles constaté par les différents services d’accompagnement budgétaire dans les Udaf lors des régularisations annuelles de leurs factures d’électricité : ces dernières sont souvent à l’origine d’ouverture de dossiers de surendettement notamment en raison d’un étalement trop court des échéances de remboursement. L’Unaf a donc demandé à EDF de proposer des calendriers de remboursement plus proches des capacités de remboursement de ses clients en difficulté pour régler ces factures en souffrance.
L’Unaf a aussi demandé que la sémantique utilisée par EDF dans les relations avec les consommateurs soit très simplifiée afin que leur parcours de réclamation auprès des services d’EDF ne s’apparente pas un parcours du combattant.
Concernant le financement des Certificats d’Economie d’Energie (C2E) qui est répercuté par tous les fournisseurs d’énergie sur la facture du consommateur, l’Unaf a signalé que cette ponction est vécue comme une injustice par les familles modestes et très modestes qu’elle représente : une moyenne de 160 € leur est imputé chaque année pour financer la rénovation énergétique française, alors qu’ils n’ont pas les moyens de la réaliser pour leur propre logement. L’Unaf a demandé que l’iniquité de ce dispositif soit portée par EDF dans ses relations avec les pouvoirs publics.
Présentation du bilan 2025 du Médiateur du groupe EDF le 15 juin
Le Médiateur du groupe EDF est nommé par un organe collégial paritaire comprenant deux représentants d’associations de consommateurs et deux représentants du groupe EDF.
Cette réunion a permis de dresser un bilan détaillé de l’année 2025, tant sur le plan quantitatif que qualitatif, et d’aborder des enjeux structurants, notamment l’amélioration du traitement des réclamations et la montée en puissance de la lutte contre la fraude.
On constate une amélioration nette des indicateurs, dans un contexte de sortie de crise, comme la forte progression du taux de recevabilité des saisines (+ 9 points ) et une fin progressive des litiges liés à la crise énergétique mais le traitement des réclamations reste un point noir : le Médiateur a épinglé les défaillances du groupe EDF et l’Unaf a demandé l’amélioration de la prise en compte des réclamations des clients formulées par téléphone, mode pourtant déjà expressément prévu par ses conditions générales de vente. Le Médiateur a indiqué avoir émis une recommandation au groupe EDF à ce sujet pour qu’il améliore le traitement des réclamations.
L’Unaf a également demandé que le groupe EDF améliore le traitement des litiges mettant en cause Enedis, responsable de l’installation et le réseau.
Sur le plan des indicateurs, 84 % des 1504 dossiers traités ont trouvé une solution amiable. L’Unaf a demandé que les effets du réajustement du niveau des mensualités soient mieux maîtrisés par EDF, car les échéances de paiement et en particulier les factures de régularisation sont source de surendettement et bien souvent le déclencheur de l’ouverture d’un dossier à la Banque de France.
L’entreprise ENEDIS, en sa qualité de distributrice de l’électricité et responsable des compteurs électriques, était invitée à cette réunion. Elle a évoqué son action renforcée contre la fraude : les montants non payés par les fraudeurs pèsent sur les consommateurs honnêtes. C’est pourquoi elle analyse les données pour identifier les zones de fraude, déploie des équipes spécialisées et agit également sur le plan judiciaire pour démanteler les réseaux très structurés qui l’organisent. L’Unaf a demandé que cette lutte soit renforcée, d’autant qu’elle est très majoritairement le fait de consommateurs aisés, entreprises et particuliers.
Une évolution du cadre juridique contractuel est envisagée pour plus d’efficacité dans le recouvrement des sommes dues après rectifications des consommations suite à un constat de fraude : le Médiateur EDF a demandé au groupe EDF que le dispositif évolue vers une prise en main directe par ENEDIS, de la facturation et du recouvrement.
Réunion organisée par EDF avec les associations de consommateurs le 18 juin
C’est dans le cadre d’échanges périodiques entre le fournisseur et les organisations de consommateurs que Valentine de La Morinerie a participé à cette réunion qui portait sur le plan gouvernemental d’électrification.
La réunion a traité 3 points principaux.
EDF a tout d’abord abordé le contexte énergétique et les mesures à venir
Une part significative de l’énergie consommée en France provient encore des énergies fossiles. Si près de 95 % de l’électricité produite en France est déjà décarbonée, EDF a mis en avant la nécessité de diversifier les moyens de production électrique et d’augmenter l’électrification des secteurs comme la mobilité ou le bâtiment.
Concernant le bâtiment, secteur représentant 40 % de la consommation d’énergie finale et responsable de 18 % des émissions directes, l’objectif est d’installer un million de pompes à chaleur (PAC) d’ici 2030. Les participants ont fait part de leurs préoccupations concernant le leasing social et l’accès à ces technologies pour les ménages modestes, EDF a indiqué qu’un équilibre serait trouvé entre les coûts de la transition énergétique et l’accessibilité des solutions.
Les discussions ont ensuite porté sur la mobilité.
EDF a exprimé son engagement, pour répondre à la demande gouvernementale, de poursuivre l’électrification des véhicules, qui sera bénéfique, selon EDF, au pouvoir d’achat des ménages.
Le troisième sujet concernait l’impact des tarifs heures creuses-heures pleines
Une étude auprès de 2000 clients EDF est en cours, à la demande de la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), pour étudier l’impact du signal prix sur les consommateurs pour deux types de contrats et aller peut-être par la suite vers une tarification plus dynamique, permettant aux consommateurs d’optimiser leurs coûts d’électricité. L’Unaf a exprimé son intérêt pour ces travaux dont les résultats seront consolidés et présentés en janvier 2028.
Conclusion
Cette réunion d’échanges a permis de mettre en lumière les défis et les opportunités liés à l’électrification du paysage énergétique français. EDF s’engage à maintenir le dialogue avec les associations de consommateurs afin de mieux répondre à leurs préoccupations tout en œuvrant pour une transition énergétique vers un modèle décarboné, durable et souverain. Dans un contexte où les enjeux environnementaux sont plus cruciaux que jamais, la collaboration entre les différents acteurs sera essentielle pour atteindre les objectifs de transition énergétique fixés à l’horizon 2030 et 2050.
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