Accueil du jeune enfant : l’Unaf inquiète de l’augmentation du coût pour les parents
À compter du 1er septembre 2025, le complément mode de garde (CMG), prestation versée par la Caf ou la MSA visant à financer une partie du coût de l’accueil de l’enfant par une assistante maternelle ou une garde à domicile, évolue.
Que contient la réforme du CMG ?
- Modification du mode de calcul du CMG dit « emploi direct ».
- Extension du CMG aux familles monoparentales pour l’accueil, en emploi direct, des enfants entre 6 et 12 ans.
- Possibilité pour les parents séparés de percevoir tous 2 le CMG en cas de garde alternée

D’après les simulations de l’Unaf via le simulateur Urssaf, les principaux perdants de la réforme du CMG seraient :
- Des familles désormais exclues complètement, du fait de leurs ressources, du bénéfice du CMG. Des familles qui recourent à des temps partiels d’accueil, soit par choix, soit par contrainte. Ces familles sont aujourd’hui nombreuses, dont beaucoup de familles aux revenus moyens ou modestes.
- De nombreuses familles monoparentales, qui perdent le bénéficie du double bonus précédemment en vigueur (bonus de montant versé de CMG et bonus de plafond de ressource prise en compte).
- Des familles désormais exclues complètement, du fait de leurs ressources, du bénéfice du CMG.
Un risque de forte hausse du coût de l’accueil pour les parents
La réforme du CMG emploi direct vise deux objectifs, qui semblent contradictoires : d’une part augmenter le soutien financier aux parents qui ont des besoins d’accueil importants, d’autre part augmenter le soutien financier aux parents qui ont des revenus modestes.
De fait, la baisse du reste à charge concerne surtout les couples recourant à un temps plein d’accueil. Or, la majorité des familles recourent à des temps d’accueil partiels (notamment entre un peu plus d’un mi-temps et 80 %, soit entre 100 et 140 heures d’accueil mensuel). Ainsi, 52 % des parents recourent en 2019 à moins de 100 heures, 32 % entre 100 et 149. Seuls 17 % recourent à plus de 150 heures1. Le coût de l’accueil pour les familles recourant à des temps partiels augmente donc. Que vont faire ces parents pour qui ce coût est déjà trop cher2 ? Il est peu probable qu’elles augmentent le temps d’accueil de leur enfant : cela représenterait un surcoût, même si leur « taux d’effort » est diminué
par la réforme.
D’autres paramètres risquent de contribuer à une hausse du coût de l’accueil :
- La suppression du plafond journalier permettant de percevoir le CMG et son remplacement par un plafond horaire non excluant3 peut conduire à une forte augmentation du coût horaire, en particulier dans les zones en déficit d’offre d’accueil. L’Unaf est favorable à une meilleure rémunération des « As’mat » pour favoriser l’attractivité du métier mais craint les effets inflationnistes majeurs de cette mesure.
- Le mécanisme de revalorisation du coût horaire de référence pour le calcul du CMG risque d’être rapidement éloigné des coûts réellement payés par les parents.
La suppression du plafond journalier permettant de percevoir le CMG et son remplacement par un plafond horaire non excluant3 peut conduire à une forte augmentation du coût horaire, en particulier dans les zones en déficit d’offre d’accueil. L’Unaf est favorable à une meilleure rémunération des « As’mat » pour favoriser l’attractivité du métier mais craint les effets inflationnistes majeurs de cette
mesure.
Pour l’Unaf, cette réforme va augmenter le coût de l’accueil pour de nombreux parents, y compris ceux aux revenus faibles ou modestes, dans un contexte de chute de la fécondité et d’alerte des parents sur un coût déjà trop élevé. Elle fait peser un risque réel sur la conciliation vie familiale – vie professionnelle : son impact sur l’emploi, et notamment l’emploi des mères est plus qu’incertain, aucun élément de simulation ne permettant de mesurer quels seront les arbitrages des parents face à une réforme d’une telle ampleur.
Ce que l’Unaf défend
- Une revalorisation du coût horaire de référence en fonction du coût réel horaire médian constaté en année N-1 (comme c’est le cas pour cette 1ère année de réforme).
- Une transparence sur les effets de la réforme avec un bilan d’impact qui inclut l’impact sur :
- le nombre d’heures d’accueil,
- l’emploi (notamment des mères),
- le coût médian et moyen pratiqués par les « As’mat » et les gardes à domicile,
- l’aspect financier de la réforme pour les familles (en fonction de la composition familiale et des ressources du foyer) et pour la branche famille.
1/ Cf rapport du HCFEA « Le CMG « Assistantes maternelles » ; Constats et pistes de réforme » 13 avril 2021
2/ Enquête Unaf sur le coût de l’accueil du jeune enfant, 2024.
3/ La mise en place d’un plafond horaire élevé non excluant à 8 € présente un risque d’augmentation des coûts pour les familles vivant dans des territoires où l’offre d’accueil est faible. Soit parce que le coût horaire pratiqué augmentera rapidement pour s’aligner juste en dessous du taux horaire de 8 €, soit parce que le CMG continuant d’être versé en partie (les cotisations ne sont plus prises en charge au-delà du plafond non excluant, ainsi que le volet rémunération du CMG au-delà de ce même plafond) les Asmat dépasseront plus facilement ce coût horaire de 8 €.