Interview | La représentation familiale : « un trésor à cultiver au nom de l’intérêt général »
Jean-Christophe Margelidon est Directeur général adjoint de la Fédération des Offices publics de l’Habitat (FOPH). Alors qu’une partie des Conseils d’administration des OPH viennent d’être renouvelés, à l’issue des élections municipales, il répond à nos questions.
Quel sont les missions etles spécificités des OPH, par rapport aux autres acteurs du logement ?
Jean-Christophe Margelidon : Les Offices Publics de l’Habitat (OPH) sont des Organismes d’HLM dont le métier de base est de construire et de gérer des logements sociaux. Le parc actuel est de 2,5 millions de logements accueillant environ 5 millions de ménages.
Les OPH ont la particularité d’être des établissements publics industriels et commerciaux dont la gouvernance est à la main d’une collectivité locale dite collectivité de rattachement. Il s’agit soit d’un établissement public de coopération intercommunal soit d’un département.
De ces caractéristiques juridiques découlent deux spécificités. D’une part, les OPH ne disposent pas de capital aux mains d’actionnaires à qui il faudrait distribuer des dividendes. D’autre part, les OPH sont attachés à un territoire dont ils partagent entièrement le destin.
Quels grands enjeux et défis vont orienter l’action des OPH dans les années à venir ?
Engagés dans la transition écologique, les OPH réhabilitent leur patrimoine pour que celui-ci soit plus performant énergétiquement, utilise une énergie plus décarbonée, soit mieux adapté aux différents aléas climatiques suscités par le réchauffement climatique. C’est une démarche de grande ampleur dont l’objectif est de préserver les locataires de la volatilité qui caractérise les prix de l’énergie.
Les OPH produisent de nouveaux logements pour faire face à la demande grandissante. de logements sociaux et s’attachent à satisfaire la diversification des besoins exprimés qui passe par la construction de résidences étudiantes, de résidences hôtelières à vocation sociale, d’habitats partagés et inclusifs où des personnes de générations très différentes peuvent vivre ensemble tout en ayant un « chez soi ».
Enfin, les OPH sont des acteurs de l’habitat au sens large et participent à l’aménagement des villes et villages au sein desquels ils opèrent en construisant des équipements publics locaux d’intérêt général tels que des crèches, des collectifs médicaux ou en développant une boucle locale de production et de fourniture d’énergie décarbonée. La diversité de ces actions répond à la diversité des besoins exprimés sur un territoire.
En quoi la gouvernance des OPH rendent ces acteurs intéressants et uniques ?
La gouvernance des OPH associe des partenaires locaux, à savoir des élus locaux, des acteurs de la société civile locale dont les Udaf, les Caf, des représentants d’Action Logement, des représentants d’associations œuvrant dans le domaine du logement ou de l’accès au logement, des représentants
du personnel de l’OPH et des représentants élus des locataires de l’OPH, mais également des représentants du tissu bancaire local.
Cette gouvernance vise à permettre à toutes les parties prenantes de la vie quotidienne d’un OPH de participer à la construction d’une stratégie locale cohérente et pérenne. Chaque partie prenante exprime légitimement un intérêt spécifique, mais qu’il doit confronter avec d’autres intérêts s’exprimant de manière tout aussi légitime. D’où la nécessité d’aménager des lieux de confrontation
et d’ajustement de ces intérêts pour prendre des décisions pertinentes au sein du conseil d’administration de l’OPH.
Les Udaf apportent à l’OPH une connaissance intime des besoins de leurs locataires au plus près de leurs préoccupations quotidiennes. Il s’agit d’un trésor qu’il faut cultiver au nom de l’intérêt général territorial dont les OPH sont des acteurs de premier plan.